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Verena Mermer: die stimme über den dächern.

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Roman.
Residenz Verlag, Salzbourg, 2015.
160 p.; EUR 19,90.
ISBN: 9783701716456.

Verena Mermer

Extrait

Ils lisent Freud et Marx, ils fument énormément et déambulent la nuit dans les petites ruelles de Bakou, la capitale de l’Azerbaïdjan. Nino est fou amoureux d’Ali, elle enseigne les langues, et Ali est un éternel étudiant, un rebelle rêveur; ils emménagent dans un appartement qu’ils partagent avec leurs amis Che, médecin, et Frida, danseuse et comédienne. Les personnages connaissent des moments de bonheur fragile, qui évoquent l’univers préservé des amants dans les récits orientaux. Ils trouvent tous refuge en ce lieu, tout comme Emin, le vendeur de l’épicerie au coin de la rue, et Richard, personnage louche qui boit de la bière avec les fascistes et du thé avec les stalinistes, ou encore Fouad, le frère d’Ali, qui entretient une relation homosexuelle dangereuse parce qu’illicite.
Au début, les passions et les descriptions sont empreintes de charme et de couleur locale, puis peu à peu la dimension politique prend le dessus. téléphones sur écoute, visites du KGB et la répression mettent les relations à mal, et Nino qui perd son emploi pour des raisons politiques et s’inquiète pour Ali, arrêté puis disparu lors d’une manifestation contre le pouvoir en place. Les références historiques à Frida Kahlo et C
he Guevara sont évidentes, et Che, le médecin, jouera son rôle de revenant révolutionnaire. Des passages en «version originale», notés en italique, sont incorporés dans des descriptions et des scènes souvent brèves qui font penser au cinéma, et dans lesquelles se traduisent les rêves et les fantasmes des personnages. C’est dans cet univers imaginaire qu’Ali refait surface, mais les retrouvailles y semblent pourtant réelles. Ces mondes imaginaires si scintillants dévoilent les tensions qui conduiront à la perte de Nino. Mais au-dessus des toits résonnent toujours des voix et ce mot «Azadliq», liberté en azeri.
Après ses études et son activité d’enseignante en Inde et en Roumanie, la jeune auteure a rejoint le mouvement de protestation à Bakou au printemps 2011, dont elle a tiré le sujet de ce premier roman très bien ficelé.

Extrait de la critique de Martin Kubaczek, mai 2016
Traduit par Florence Hetzel

Version originale dans le magazine de la Literaturhaus:
http://www.literaturhaus.at/index.php?id=10762

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