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David Fuchs: Bevor wir verschwinden.

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Avant notre disparition.
Roman.
Innsbruck, Vienne: Haymon, 2018.
211 S., Euro 20,90.
ISBN: 978-3-7099-3433-3.

David Fuchs

Compte rendu


Extrait:

Nous défibrillons des cochons dans des pataugeoires. Pour ma thèse. Nous anesthésions les cochons, nous déclenchons la fibrillation ventriculaire et défibrillons.
Hier c’était le tour d’Adelheid. Adelheid est une truie de deux ans et elle va mal. Je l’ai défibrillée quatre fois pendant la nuit et voilà que son cœur se remet à fibriller. Je contrôle les électrodes adhésives posées sur sa cage thoracique et j’appuie sur le bouton. Adelheid tressaute.
Très bien, dit Ed, rythme sinusal. Ed est l’infirmière en oncologie et elle améliore un peu son salaire dans le laboratoire d’expérimentation animale. Elle s’appelle en réalité Edna, mais tout le monde l’appelle Ed parce qu’elle n’aime pas Edna. Je peux la comprendre. Je m’appelle Benjamin Marius Maier. Je n’utilise pas Marius. On dirait que mes parents ont voulu m’appeler Maria mais n’en ont pas eu le courage. Et Benjamin, pas Ben. Ben fait penser à une queue raide.

Je sens à peine le pouls d’Adelheid dans l’aine. Il est faible mais rythmique. La pression artérielle est trop faible dans le moniteur et je dis à Ed de monter l’adrénaline. Elle appuie sur quelques touches de la pompe. Le bipeur bipe et la pression artérielle d’Adelheid monte.
Après une réanimation, on peut refroidir les humains avec de l’eau pour protéger leur cerveau. Si le cerveau reste trop longtemps sans oxygène, il est foutu et la réanimation n’a servi à rien. Mais il y a beaucoup de patients qu’on doit défibriller souvent, et pour ça il faut évidemment que le courant circule. Personne ne sait ce qu’il se passe quand on fait ça sous l’eau. D’où les porcs et d’où les pataugeoires.
Les porcs sont de toute façon des animaux de boucherie. Chez nous ils sont bien nourris et ont droit à de la vraie paille, et à la fin il y a l’anesthésie, ils ne se rendent pas compte qu’ils meurent. Ils vont bien.
Pour que les cœurs fibrillent, nous faisons une incision dans l’aine et introduisons un cathéter jusqu’au cœur. Il faut être tout près du cœur pour que ça fonctionne. Mais il ne suffit pas de stimuler le cœur mécaniquement, de lui donner un coup de coude en quelque sorte. Il faut une stimulation électrique. Sur le cathéter est fixé un boîtier qui ressemble aux bombes qu’on voit au cinéma. C’est une boîte en plastique avec des fils rouges, jaunes et bleus, et des boutons rotatifs qui régulent l’intensité du courant. On peut ainsi donner au cœur du porc le coup électrique dont il a besoin pour fibriller.
O.K., dis-je à Ed, maintenant elle est stable, tu veux un café? Ed dit Non merci, je dois prendre mon service de jour.
Tu viens dans le service demain? demande-t-elle. Et je réponds Bien sûr.
À partir de demain, j’ai un stage dans le service d’Ed. Il me faut encore quatre semaines de stage, trois examens et la thèse, et j’aurai fini mes études. L’oncologie ne m’intéresse pas. Les différentes chimiothérapies correspondant aux quatre-vingts sortes de lymphomes m’ont toujours été égales. À supposer d’ailleurs qu’elles soient vraiment différentes. Le seul médicament intéressant, c’est la cyclophosphamide, à cause de son histoire. En principe c’est un gaz moutarde, à un atome près. La molécule était dessinée dans le livre, le gaz moutarde et la cyclophosphamide à côté.
Où dois-je aller demain? je demande, et Ed dit Tu n’as qu’à venir dans le service après le service du personnel, je te montrerai tout. O.K., dis-je, alors au petit matin dans le service. À demain, dit Ed. Elle prend son sac, tapote Adelheid sur la joue et s’en va. Sur le moniteur de surveillance je la vois s’arrêter dans le couloir à côté de la plante, ramasser par terre des billes d’hydroculture et les remettre dans le pot une par une.

(pp. 7 s.)

© 2019 Haymon, Innsbruck/Vienne
© Traduction française:
Barbara Fontaine, 2019

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